Cas Clinique : Mme S, 56 ans

Contexte de l’évaluationMme S âgée de 56 ans, a été testée positive au COVID-19 au printemps 2021, avec des symptômes neurologiques centraux et périphériques, et des symptômes musculaires (pour en savoir plus sur ces symptômes, n’hésitez pas à consulter le super article que nous avons écrit ICI). 3 mois après la contamination, Mme S présente toujours une forte plainte attentionnelle, mnésique et langagière et n’a pas pu reprendre son activité professionnelle. Mme S présente par ailleurs des antécédents de troubles du sommeil, amplifiés depuis sa contamination.

Épreuves traditionnelle :

Parmi les épreuves classiquement utilisées dans les dépistages neuropsychologiques, Mme S présente des performances dans la moyenne pour la très grande majorité d’entre elles. Seule la flexibilité apparait significativement impactée au travers d’un ralentissement à la partie Interférence du Stroop ainsi qu’aux séquences de Luria. Un léger ralentissement moteur se retrouve également en main non dominante, mais reste peu significatif bien que parfaitement illustrateur de la plainte de la patiente.

MindPulse : Le MindPulse met en évidence un déséquilibre exécutif et attentionnel, avec un très fort ralentissement de la vitesse perceptivo-motrice, couplé à un important ralentissement exécutif. La patiente présente en revanche une précision satisfaisante, ainsi qu’une réaction à la difficulté adaptée.

L’analyse détaillée du MindPulse met en évidence la forte variabilité des temps de réponses de Mme S, qui présente une dispersion très significative, dès la première partie du MindPulse. Couplée à cette variabilité extrême, la présence de réponses aberrantes, ou éclipses attentionnelles signe une atteinte de la vigilance et du contrôle attentionnel exécutif. Mme S. ne parvient pas à mobiliser son attention de manière efficace : son attention soutenue apparait déficitaire, avec des effets de fatigue extrêmement importants qui se retrouvent au travers de la variabilité des temps de réponses et du ralentissement exécutif et perceptivo-moteur.

ConclusionMalgré un screening neuropsychologique normal, à l’exception de certaines mesures de flexibilité cognitives qui mettent en évidence un ralentissement modéré chez Mme S, l’utilisation d’outils plus sensibles comme le MindPulse permet de mettre en évidence un déséquilibre attentionnel et exécutif très important, marqué au premier plan par un ralentissement exécutif et perceptivo-moteur chez Mme S. Ce profil est très évocateur d’une atteinte sous-cortico-frontale et est accentué par l’aggravation des troubles du sommeil de la patiente, qui contribue fortement à l’altération des fonctions attentionnelles et exécutive, en particulier de la vigilance et du contrôle attentionnel.

    Ce cas permet de mettre en lumière l’importante de l’ajout d’une évaluation des troubles du sommeil systématique dans les évaluations neuropsychologiques consécutives à une COVID-19 et de la nécessité d’ajouter des outils de sensibilité à celles-ci. En effet, comme Mme S, la majorité des patients post-COVID-19 présentant une plainte cognitive sont souvent jeunes et les outils de screening classiquement utilisés se révèlent peu efficace pour la mise en évidence des altérations légères à modérées retrouvées dans ces populations. Pourtant, les difficultés sont belles et bien existantes et nécessite d’être objectivées et prise en charges efficacement afin d’optimiser le pronostic adaptatif de ces patients dont le profil est encore peu compris.

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