Le numérique, une chance pour la neuropsychologie ?

La transition en santé numérique sera-t-elle porteuse pour les neuropsychologues ?…

Alors que les choses s’accélèrent en Europe et dans le monde entier et que la santé se tourne vers les nouvelles technologies porteuses d’espoir, la neuropsychologie française peine-t-elle à évoluer ?

Les tests à disposition des neuropsychologues ont peu évolué dans les dernières décennies. Leurs biais culturels ne sont pas adaptés à la diversité des populations, le clinicien peine à suivre l’évolution de son patient par manque de possibilité d’utilisation en retest. La difficulté à objectiver l’ensemble des déficits cognitifs qui sous-tendent la plainte complète du patient (Ex: dépistage tardif de la Maladie d’Alzheimer, Covid long) pose des questions majeures de santé publique. En France, peu de moyens ont été alloués au développement d’outils plus précis, la numérisation consiste le plus souvent en une informatisation d’outils de conception ancienne

La polémique sur les anciens tests et leur manque de précision a éclaté dans le cas du TDAH où l’académie de pédiatrie américaine a montré que ces outils de conception ancienne sont peu corrélés à la clinique, et devant ces problèmes certains sont tentés par le renoncement. Devons-nous abandonner l’idée de faire des mesures en santé mentale ?

Nous constatons régulièrement les risques du « tout questionnaire », et la nécessité pour notre profession d’apporter une expertise appuyée sur des outils objectifs, les plus sensibles et les plus fiables possibles. 

A quoi servent les tests ? Comme un thermomètre ou un tensiomètre, les tests ne donnent pas un « diagnostic » qui reste du domaine médical, ils sont des outils pour évaluer la présence d’un symptôme cognitif et son intensité, voir sa variabilité. Si on transpose, cela revient à mesurer la température à un moment donné plutôt que de demander au patient s’il a de la fièvre.

Des solutions existent pour permettre aux neuropsychologues de rester un maillon essentiel dans l’évaluation et la prise en charge de la santé mentale, d’affiner leurs analyses et de mieux les étayer en rentrant dans la révolution de la santé numérique.

Des innovations scientifiques voient le jour, et MindPulse fait partie de ces tests nouvelles générations. Il a été conçu par une chercheuse-neuropsychologue devant son besoin clinique. Il peut différencier une atteinte perceptive ou motrice d’une atteinte exécutive. MindPulse permet de mesurer des fonctions attentionnelles et exécutives plus fines avec la découverte d’un nouvel indice du fonctionnement cérébral et la mise en évidence de l’équilibre de la prise de décision fondamentale.

MindPulse est à visée interculturelle, normé sur près de 800 personnes, et peut différencier une atteinte perceptive ou motrice d’une atteinte exécutive. Il a été primé, breveté avec le CNRS et l’Université Paris Saclay.

Les professionnels qui l’utilisent remontent régulièrement des caractérisations qu’ils ne captent pas avec leurs outils habituels, plus fines ou mises en évidence par des indices dont ils ne disposaient pas auparavant (voir cas cliniques).

Alors oui, les outils de Neuropsychologie sont entrés dans la révolution 2.0 et nous pouvons affirmer que notre discipline ne va pas disparaître dans la révolution de la santé numérique mais, au contraire, va gagner une crédibilité renouvelée dans l’évolution vers une santé mentale de précision.

Que vive la NeuroPsychologie !

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